oct 11

C’était une de ces soirées où elle avait encore trop bu. Elle était, comment dire, ailleurs. Elle adorait boire. Elle aimait cela. Le goût du whisky était délicieusement doux dans sa bouche. Il avait un parfum totalement, complètement enivrant, c’est le cas de le dire. Elle avait bu, juste ce qu’il fallait. Pour ne pas être complètement saoule, et pour ne pas se rendre malade, comme cela lui arrivait trop souvent quand elle buvait.
Elle arrivait, depuis peu, à « gérer » son alcoolisme. Elle était, comme elle le disait elle-même, une « alcoolique chronique ». Cela lui arrivait de temps en temps, quand il y avait une fête organisée, ou, plus simplement; quand elle en ressentait, au plus profond de son être, le besoin. Et cela lui arrivait régulièrement, trop souvent, même, à son goût. C’était une relation quasi mystique que Lorelei entretenait avec cette boisson fortement enivrante. Mais, maintenant, elle ne finissait plus malade, la tête au fond de la cuvette, à chaque soirée. Elle aimait cela, le fait de pouvoir tout contrôler au maximum.
Quand elle avait des problèmes, quand son moral s’effondrait, elle avait besoin de boire. Mais, heureusement pour elle et pour sa santé, dont elle se foutait pas mal il faut le dire, elle contrôlait mieux son besoin de boire. Elle avait passée une très bonne soirée, avec ses meilleurs amis, et cela valait tous les whisky du monde pensait Lorelei. Elle avait vu Eric, son meilleur ami depuis… très longtemps. Elle l’adorait, c’était un véritable ami, comme il en existe peu. Son amitié valait de l’or, valait même des caisses entières de whisky.
Mais, maintenant, la fête était finie, tout le monde était parti, et elle se retrouvait seule, seule avec elle -même, ses souvenirs, ses pensées, ses trop morbides idées pour une fille de son âge… Elle était complètement H.S., son esprit totalement noyé par les vapeurs de tout l’alcool qu’elle avait ingurgité, et qui l’imprégnait jusqu’au plus profond de son âme, de ses idées nageant dans ce sinistre naufrage éthylique. Elle était misérablement perdue, rongée par cette boisson qui la dévorait de toute part.
Elle ne pouvait résister lorsqu’il se présentait. Il l’aguichait trop bien, connaissant, mieux qu’elle-même peut-être, ses faiblesses, et elle n’avait jamais de défense assez solide, assez insubmersible contre ce flot d’ivresse et de rêves inimaginables qu’il lui promettait. Chaque fois, elle succombait à son charme ravageur, tellement ravageur… Mais elle était de moins en moins victime, elle maîtrisait mieux ses perceptions, ses sens, pouvant ainsi presque contrôler son propre délire.
Et elle était fière de cela. Lorelei aimait s’adonner à la boisson, mais, surtout, elle aimait maîtriser ses effets. Et puis, l’alcool était son remède, son antidépresseur à elle. Le seul et l’unique (avec parfois, mais très rarement, un petit joint). Elle avait besoin de cette relation quasi mystique, car avec cela, elle vivait moins dans le réel, ce monde qui la rejetait et qu’elle ne supportait de toute façon pas du tout.
Se monde qui lui donnait envie d’en finir. C’était son échappatoire, pour ne pas se foutre en l’air, se débarrasser une fois pour toute, de son corps, enfin, mourir.

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written by ANDRE Ani


One Response to “Alcoolisme.”

  1. 1. glubiboulg Says:

    Pourquoi c’est moi ? …

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