oct 11

Elle marchait, lentement, au milieu de la rue principale de la ville. Il n’y avait pas un son, ni même âme qui vive. L’horloge numérique, sur la devanture d’une pharmacie, indiquait 15 heures 38, et le Soleil inondait de lumière cette ville si calme, trop calme.
Et d’abord, que faisait-elle là ? A cette heure ? Elle habitait Bourgorv, mais, que faisait-elle à cette heure-ci en pleine rue ? Pas de travail aujourd’hui ? La brise forcit légèrement, et releva un peu sa légère robe en coton aux teintes grisâtre. Qui la rendait si appétissante, et qu’elle aimait beaucoup (souvenir d’un temps passé…), mais elle ne la mettait qu’en de rare occasion.
Elle n’arrivait pas à savoir ce qu’elle faisait là… ni surtout, pourquoi les rues et les magasins devant lesquelles elle passait étaient si vides. Il n’y avait pas un bruit, ni même un oiseau dans le ciel, comme des pigeons par exemple, eux qui étaient des familiers de la rue. Les boutiques étaient ouvertes, les lumières et les néons étaient tous allumés, comme à l’accoutumée, des voitures étaient garés de-ci de-là… mais pas la moindre présence humaine, vivante, à part elle, dans sa robe la plus sexy, déambulant en plein milieu de la rue, sans même savoir pourquoi.
C’était comme si toute la population, humaine, mais aussi animale, avait tout simplement disparue, d’un coup, comme par magie. Et Lorelei continuait à « se promener », nonchalamment, son parfum embaumant l’air ambiant, qui avait, quand même, un léger arrière-goût de désolation, voire… de mort.
Est-ce un cauchemar? Que se passe-t-il ? Dort-elle, confortablement lové dans ses doux draps, après une nuit trop arrosée? Fait-elle un « bad trip » ? Ou, a-t-elle sombré, définitivement cette fois, dans la folie la plus profonde. Elle n’en sait rien du tout, Lorelei n’a aucune explication à tout ceci.
Soudain, levant les yeux, comme sous la volonté de quelqu’un d’autre, elle fixa l’horizon, loin au-dessus des immeubles de la ville, et elle aperçut… un symptomatique nuage. Un champignon.
La marque, reconnaissable entre toutes, d’une explosion nucléaire. Bientôt, elle serait happée, soufflée par l’incroyable puissance destructrice de cette infernale déflagration, qui ravagerait tout sur son passage.
Même Lorelei, malgré sa jolie robe sexy, déambulant dans cette rue qui, dans quelques instants, disparaîtrait à jamais et lui servirait de tombeau. Elle s’apprêtait à disparaître.
« Lorelei, réveilles-toi, c’est l’heure dit aller » entendit-elle, au loin.

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written by ANDRE Ani


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